Protégé : SYNN DRAGOR : Chapitre II

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SYNN DRAGOR – Prologue

 

 

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Aux abîmes des temps existait donc un monde sanglant et obscur qu’on appelait  » Kîr  » le maudit », c’était un royaume rempli de haine et de terreur où les hordes assassines étaient reines. Vu des cieux, il ressemblait à un immense champ de bataille sans fin, où les grandes cités tombaient une à une dans un chaos dévastateur devant la montée en puissance des armées de l’obscur. Ces armées semblaient terrifiantes, personne ne savait d’où elles venaient exactement mais tous les craignaient. Tous les hommes en perdait leurs croyances tellement ils avaient peur. Pour certains, ces armées de l’obscur représentaient la fin des temps, la colère des dieux. Pour d’autres, ce n’était que créatures et démons qu’il fallait repousser mais ces hommes courageux étaient peu nombreux. En fait beaucoup d’hommes grossissaient peu à peu ces armées de l’obscur, préférant la sombre vie d’esclave à la mort. De maléfiques sorciers prenaient part eux aussi aux sanglantes batailles du nord. Nombre de cités du nord comme Tharkel étaient déjà tombées et cela inquiétait de plus en plus les paisibles comtés du sud. Seule la grande cité nordique Emporia réussissait à contenir du haut de ses fiers remparts les nombreux assauts de ces armées obscurs.
Parmi les plus grandes cités encore debout, il y avait Thaleb, la cité aux milles marchés, qui bordait les mers maudites du sud. Les Thalébiens, grands marins, étaient de riches marchands et comptaient parmi leurs hommes de farouches guerriers. Il y avait aussi Mandrak, la cité des Aigles, qui était situé dans l’une des vallées des pics de Satïi. Les guerriers Mandraks montaient des aigles géants et dominaient les airs.
Quelques petites cités, comme celles du peuple Luciole des forêts de l’est, arrivaient elles aussi à résister à la vague déferlante des hordes sanguinaires venues du nord.
Il existait une autre grande cité intacte sur Kîr : la noble et flamboyante Bashnoll, cité prise entre les plaines arides du nord, la forêt ténébreuse de l’Est, les pics de Satïï à l’ouest et les mers maudites du sud. Elle ne comptait qu’une poignée de combattants pour ce défendre, quelques centaines tout au plus mais elle était aidé de puissants alliés.
La cité de Bashnoll composée de trois magnifiques tours reliées par de hauts remparts, était faite d’un marbre blanc des plus pures. Elle renfermait en son cœur de riches demeures entourées de jardins des plus somptueux. Ici, tout n’était que calme, sérénité, richesses et volupté. Cette cité respirait la gloire des temps passés mais nul ne sait combien de temps cette cité allait rester intacte dans ce royaume de chaos. 



SYNN DRAGOR – Chapitre 1er

 

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CHAPITRE I : L’enfant de Kîr.

Un matin de fraîche brume, alors qu’ils faisaient leur tournée matinale, deux soldats de Bashnoll, des  » Hérons  » ( on appelle ainsi les soldats chargé de surveiller les alentours des cités) furent attirés par quelques rapaces qui tournoyaient non loin de là. Arrivé sur place, nos deux hommes se trouvèrent devant un spectacle inattendu : un nouveau-né, allongé sur le flanc d’une louve mourante, souriait, regardant tournoyer deux vautours de la mort au dessus de lui. Il n’avait pas plus de deux semaines et portait une chaîne autour du cou. Autour de lui gisaient, éventré, trois carcasses de loups. L’enfant portait à ses côtés deux dagues très étranges, qui étincelaient d’une sombre lumière et dont les gardes représentaient un dragon noir.
L’un des hommes prit l’enfant malgré les grognements de la louve. L’autre prie les dagues qui étaient bien lourdes à son goût.
On ramena l’enfant en la cité de Bashnoll, ce qui créa un léger tumulte parmi la population. Très vite, un grand conseil fût organisé à son sujet. Lors de ce conseil étaient présents Lord Terwall, seigneur de Bashnoll et son épouse Narweth, Cassiopée, haute-prêtresse de la cité, Igram le sage, doyen de la cité, les trois meilleurs guerriers du comté : Darkin, Shraï et Thur, ainsi que quelques nobles et les deux Hérons. Ils étaient en tout une vingtaine.
Lord Terwall parla en premier :
- Cet enfant nous a été amené par deux de nos hommes tôt ce matin. Nul ne sait d’où il vient ni comment il est arrivé jusqu’à nous, c’est pourquoi j’ai organisé ce conseil.
Igram, pendant ce temps examinait le nouveau-né. Les nobles manifestèrent aussitôt leurs inquiétudes.
- Cet enfant n’est pas des notres, dit Bojan, premier juge de Bashnoll. Il doit être laissé hors de nos murs car il représente sûrement un mauvais présage, il doit être l’enfant d’un démon !
Les nobles, satisfaits de ces paroles, manifestèrent leur approbation par de grands applaudissements.
Aussitôt Igram frappa bruyamment le sol de son bâton pour laisser parler son seigneur.
- Certes, l’enfant n’est pas des nôtres mais si il a été amené jusqu’ici, c’est qu’il y a une raison ! Et je me refuse à laisser mourir ce nouveau-né sous mes remparts !
Les nobles parurent mécontents.
- Cet enfant est sûrement maudit pesta Bojan. Il apportera la mort dans nos murs, et ce part votre faute, seigneur Terwall.Le ton montait de plus en plus, et, à part Igram le sage, tous semblaient s’énerver. Même les trois guerriers commençaient à douter des paroles de leur seigneur bien qu’ils aient fait auparavant le serment de le servir jusqu’à la mort. La plupart des nobles, furieux, quittèrent la grande salle du conseil. Cassiopé, elle, avait prie l’enfant dans ses bras. Lord Terwall s’était rassis, l’air songeur. C’était un homme d’un âge mûr, solide et posé, il avait des cheveux bruns aussi bouclés que sa barbe et portait un costume de velours bleu qui se mariait bien avec ses yeux. Igram regardait l’assemblée derrière ses sourcils gris et brousailleux. Son regard était sage et perçant. On pouvait penser de lui en regardant ses grandes mains noueuses qu’il aurait pu être ou qu’il avait été un grand guerrier mais il ne disait jamais mots sur sa jeunesse. Il releva sa grande robe beige et parla à l’assemblée :
- Cet enfant n’est pas un enfant maudit ou encore un fils de démon comme le pense Bojan. Il est l’enfant messager, envoyé par les dieux et j’en ai la preuve irréfutable.L’assemblée ne disait plus mots, attendant cette preuve avec impatience mais aussi avec une certaine crainte dans le regard. Même Bojan semblait calmé, fixant du regard la bouche du vieillard.
- Nos Hérons ont trouvés ceci près de l’enfant, continua Igram invitant l’un des hérons à s’approcher. Le héron s’éxécuta et posa les deux dagues sur la table devant Igram qui les prient et les montra à l’assemblée.
Aussitôt l’un des nobles se leva
- Ceci n’est pas une preuve, c’est ridicule.
- Taisez-vous, gronda Igram, je n’ai pas fini.
Et, fouillant dans sa grande poche, le vieux sage continua
- J’ai aussi trouvé ceci autour du cou de cet enfant
Il leva la chaîne vers la petite assemblée
- Comme vous pouvez le voir, cette chaîne porte une écaille et je l’affirme, c’est l’une des deux morceaux de l’écaille sacrée de Kîr le dragon !

De mémoire d’hommes, jamais personne n’avait vu une écaille de cette facture.
L’audience, le regard fixé sur cette chaîne, était pétrifiée par l’importance de ces mots.

Kîr, le dragon des dragons des airs et des hommes, symbole de puissance et de sérenité, était vénéré et craint dans tout le royaume. Il est sauveur ou punisseur, cruel ou généreux. Aucun homme ne dira jamais rien contre lui de son vivant, à part bien entendu les quelques fous hérétiques qui, par défit ou sottise, bravent les interdits.
D’après les sages, Kîr aurait forgé ce royaume et serait aujourd’hui endormi depuis près de dix siècles, grâce à un sort du plus grand des magiciens de BALTAHAD, « Ellhis », aujourd’hui défunt. Il lui aurait pris l’une de ces écailles et l’aurait divisé pour ensuite cacher les deux écailles de part le monde. Les rassemblées de nouveau réveillerait le dragon. Et le possesseur de l’objet détiendrait alors tous les pouvoirs de Kîr.

- Que l’on appelle les hommes de foi, cria l’un des nobles en courant vers la sortie. Nous sommes perdus, on va tous mourir !
- Par Kîr, du calme ! tona Terwall. Cette nouvelle me touche autant que vous mais grand dieu, essayons de rester calme. Les sombres jours arrivent et le plus dur restent à faire. Les armées de l’obscur se rapprochent dangereusement et nous aurons besoin de toute notre tête. Cet enfant est un message des dieux, Kîr nous l’a envoyé comme avertissement… Aucun homme ne peut échapper à son destin, aucun.

Jamais jusqu’a ce jour Terwall n’avait parler aussi gravement.
Sur ces paroles, Cassiopée posa l’enfant avec crainte sur la table. Darkin, premier maitre d’armes de la cité tenait le fuyard, l’empêchant de crier. Shraï guerrier du peuple des lucioles semblait sonder l’horizon par l’une des fenêtres de la salle. Thur, le nain, restait auprès de son ami et seigneur Terwall, personne ne savait vraiment qui il était, les personnes de petite taille étant rare dans cette partie du royaume.
Igram ajouta
- Ce qui arrive n’est pas un hasard. Apparemment, quelqu’un à trouver l’une des deux écailles sacrées et le royaume est très en danger à présent. Il nous faut cacher cette écaille le plus longtemps possible.

Terwall, après avoir regarder Igram rappela l’assemblée à l’écoute
- Nos devoirs sont maintenant de garder et d’élever cet enfant, de protéger notre belle cité et de rassurer notre peuple. Je compte sur chacun de vous.

Après les formalités de circonstances, les nobles quittèrent la salle. Terwall demanda à Igram, Cassiopée et à ses trois guerriers de rester pour un conseil privé.
Suite à de nombreuses et interminables discussions, le destin de l’enfant était scellé : Cassiopée serait sa mère adoptive. Terwall préférant protéger son épouse des lourdes responsabilités que représentait l’enfant. ( Mais c’est aussi parce qu’il trouvait Narweth molle et maladroite malgré sa grande beauté. Ils s’étaient mariés seulement pour la représentation. C’était une bonne épouse et c’est tout ce qui importait.). L’enfant aurait donc l’honneur d’avoir comme mère la plus haute prêtresse de Bashnoll, et ce jusqu’à sa majorité. Cassiopée était une femme d’une beauté presque envoûtante et plus d’un homme de Bashnoll aurait fait n’importe quoi pour goûter sa généreuse poitrine. Darkin pensa que l’enfant était chanceux. Il fût aussi décidé qu’Igram, sage parmi les sages, s’occuperait de son éducation et de sa culture.
A sa majorité, l’enfant serait pris en charge par Darkin, guerrier originaire de Mandrak et meilleur escrimeur du royaume.

Ainsi les responsabilités étaient partagées. Il lui fallait désormais un nom. On lui attribua très vite un nom tout trouvé :  » Synn Dragor « , littéralement « fils de dragon ».
L’enfant grandit donc parmi les femmes, dans le temple Kalien de Cassiopée, où il fût choyé comme il se doit. Plusieurs fois par semaines, il rendait visite à Igram pour son éducation. Il apprit beaucoup du vieux sage, qui lui conta maintes histoires sur le royaume de Kîr mais aussi sur les vastes terres de BALTAHAD. L’enfant semblait aimer ces histoires aventureuses.
A dix ans, synn Dragor parlait trois langues, il montait à cheval et pouvait rivaliser avec ses ainés. Il magnait aussi ses dagues avec une facilité déconcertante pour un enfant de son âge. Chacune d’elles faisait environ quarante centimètres de long et pesait bien deux à trois livres d’après Shraï.
C’est vers l’âge de douze ans que Darkin commença à lui apprendre réellement l’art du combat dont il connaissait les bases depuis l’âge de sept ans. Pour lui, cela ne faisait aucun doute, Synn était né pour être guerrier, il se battait avec fougue et tenacité et il detestait perdre plus que tout autre enfant de son âge.
Darkin était immense, il avait les yeux bleus azur et des cheveux blonds tressés adoucissait quelque peu son dur visage. Son oeil était vif et sa poigne terrible. On le surnommait « l’ours » et sa réputation de meilleur bretteur n’était plus a prouvé.
Synn ne demandait jamais rien sur son père et il aimait tendrement sa mère adoptive, mais tous, et en particulier Terwall et Igram, redoutaient le jour où il faudrait lui révéler la triste vérité. Il se contentait simplement de vivre son enfance comme les autres enfants à la seule exception qu’il était toujours seul, par choix, ou par obligation car sa précence inquiétait certains habitants qui pensaient qu’il était l’enfant du diable.
Pendant ce temps, les batailles faisaient rages au nord du royaume et, défiant toutes probabilités, Emporia « la fière » comme on la surnommait désormais dans le royaume, tenait toujours. Elle était assiégée depuis près de six ans mais le gros des armées de l’obscur descendaient maintenant vers les contrées du sud.
Plusieurs années passèrent avant qu’un beau matin de printemps un messager de Mandrak ne vint interrompre le déjeuner matinal de Terwall. Les nouvelles étaient bien sombres, Grimald, seigneur de la cité des aigles, demandait de l’aide car les drapeaux des armées de l’obscur étaient visibles au loin des plaines situés à l’est des pics de Satïi.
Terwall arreta aussitôt son déjeuner
- Que l’on appelle Darkin, Thur et Shraï sur le champs ! et aller chercher Igram, il doit se trouver dans sa tour, ainsi que Synn qui doit encore sommeiller à cette heure matinale.
Quelques hommes s’exécutèrent aussitôt, sans oublier de servir comme il se doit le messager mandraken.
Quelques minutes plus tard, tous étaient rassemblés, seul manquait Synn.
- Que se passe-t-il demanda Igram à son entrée dans la grande salle du souper.
- Merci d’avoir été si rapide mes amis dit Terwall. Grimald à grand besoin de nous car les sombres armées se rapprochent de plus en plus de sa cité.
Synn Dragor rentra, faisant claquer la porte principale dans sa précipitation, et mis aussitôt genou à terre en signe d’excuses pour son seigneur
- Excusez ce retard, grand seigneur, mais…
- Relève-toi Synn, ne perdons pas de temps inutilement. Du haut de ses dix sept ans, Synn était un grand et beau jeune homme au regard ténébreux et glacé d’un vert pâle. Ses cheveux noirs tombaient sur ses solides épaules. Il portait une chemise blanche très ample qui n’était pas bien ajusté, preuve de son réveil brutal, un pantalon d’un noir usé qu’il mettait pour la monte ainsi que de grandes bottes marrons que Darkin lui avait offerte il a peu. Bottes utilisées par les guerriers mandraks pour monter les aigles.

Terwall continua :
- Ce que nous redoutions est désormais arrivé, nos cités sont en danger et nous nous devons de faire face à ces adversaires pour la gloire de nos ancêtres.
- Je demande à rejoindre Mandrak sur le champ, dit Darkin.
- Oui, tu partiras avec tes hommes et Thur dès ce soir répondit Terwall. Shraï et moi resterons ici avec le reste des hommes. Quant à Igram…
- J’irai en la forêt ténébreuse, reprit le vieil homme, pour le grand conseil annuel des sages. Cela me permettra de prévenir le peuple Lucioles de la menace qui s’approche.
- Bien, dit Terwall, il faut se hâter désormais.
- Seigneur ! demanda Synn, puis-je partir moi aussi pour la guerre au côté de Darkin et Thur ? je sais me battre et je ne décevrai pas mon seigneur.
- En es-tu bien sûr, jeune Synn ?
- Je pense qu’il est prêt, dit Darkin.
- Oui, dit Thur, hier encore, Synn à réussi à toucher Darkin à la passe de trois.
- Hum ! Est-ce bien vrai ? demanda Terwall, les yeux tournés vers Darkin.
- Oui seigneur, répondit Darkin, son impétuosité m’a surprise un court instant. De tout les hommes que j’ai eu à former, Synn est de loin le meilleur, ajouta-t-il fièrement.
- Soit, si mon meilleur guerrier l’acceptes, je l’acceptes aussi. Prépares ton paquetage jeune guerrier de Bashnoll, et prouves ta valeur.

Peu après la réunion, Terwall parla en aparté à Synn, dans l’une des nombreuses pièces du château.
- Synn, je me dois de te dire quelque chose avant ton départ.
- Je suis à votre écoute, dit Synn tout en finissant à la hâte une grappe de baies sauvages.
- Grimald t’en a sûrement déjà parler auparavant mais sais-tu d’où te vient ton nom ?
- Oui, on m’a appelé Synn Dragor car j’étais le plus robuste des enfants de Bashnoll.
- C’est en partie vrai, mais tu sais aussi que nombre de personnes dans ce royaume craignent les Dragons. Même le simple mot  » dragor  » inquiète. C’est pourquoi il serait préférable qu’en dehors de cette cité, tu ne te présentes plus sous ton nom entier.
- Bien seigneur, mais comment alors dois-je m’appeler ?
- Comment voudrais-tu que l’on t’appelle ?
- Beaucoup m’appelle  » Synn « , mais je trouve ce nom un peu enfantin.  » Syndrar  » me conviendrait mieux.
Terwall esquissa un sourire discret
- Qui l’en soit ainsi jeune homme, pour l’étranger à présent, tu seras  » Syndrar « !
Terwall regagna ses appartements et synn alla faire son fourniment pour le lendemain.



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